| Souvenirs, souvenirs... |
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 Gilles Nicoud, toujours prompt à dégainer quand il s'agit de nous narrer ses aventures vélivoles, se livre dans une évocation de son vol d'une heure, son Miracle de Pâques en quelque sorte ! ![]() Après mon lâcher, j'enchaîne une série de 3 magnifiques vols, totalisant 22 bonnes minutes à la faveur d'une météo par terrible terrible... Mes débuts sont difficiles ! Arrive le Dimanche 13 Avril 2007... Vent du Sud, d'Ouest, du Nord, un peu d'Est, re du Sud ... une vraie girouette. Naturellement, les treuillards sont au chômage, dans l'attente d'une brise mieux établie. Dans l'après-midi, ça s'améliore un peu... Le treuil se met enfin en action et envoie quelques copains en l'air. Suivant la marche, je saute dans mon K13 et me retrouve à 350 m/sol, direction le Pylône. Sur place, ça pousse, ça chute, ça tombe, ça monte ! Bref, comme l'aurait dit l'ami Pépin, c'est pas top ! Effectivement, subissant la dure loi de la pesenteur, mon planeur est de retour au bercail après 15mn de vol... Game over. Same player shoot again.  Le manège en chantier ![]() 17h45, re-départ, sortie de treuillée à 750 mètres, direction le Pylône, re-belote, ça pousse, ça tombe, ça zérote, 750 m, 650 m, 700 m, c'est pas folichon !!! Patience et - ô, premier Miracle (nous sommes à Pâques, tout va bien) - une petite poussée, diluée dans larmichette d’adrénaline, et je me retrouve 50 m plus haut... Tournicotis, tournicotons - un vrai manège façon Zébulon - et ça recommence à pousser gravement... pour retomber un peu plus loin. Quelques pas de valse plus tard, le vario se décide enfin à être optimiste... C'est pas trop tôt, sacré vario ! Tu ne serais pas Normand par hasard ??? De fil de laine en aiguille d'altimètre... 800 m à l'affiche ! De quoi partir vers la Chapelle, en toute sécurité, en priant St Michel que ça le fasse... Et ça le fait ! Les dieux du Vol Voile, St Michel en tête, ne me trahissent pas : après une transition rondement menée, c'est reparti !!! Montées, descentes, petits huit, grands huit... Re-tournicotis et je vous fais grâce des tournicotons et des montagnes russes qui les accompagnent... mais je finis par par accrocher. Petit bémol, il y a du monde au balcon et le Flarm s'allume comme un sapin de Noël en braillant à qui veux l'entendre : N'y va pas ! Rentre chez toi !!!  mais l'envie est trop tentante et je décide de rester sourd à sa complainte à points rouges...  1200 m, sans oxy ! Quelques gratouillis de pente (de tête aussi...) et quelques sueurs froides plus tard, je suis au même étage que les copains... Le problème majeur est d'y rester, car les pompes sont toujours aussi mal cirées ! Et tout le monde, comme par hasard, veut rester dans le même mouchoir de poche alors qu’il y a tellement de place autour...
![]() A 19h30 et quelques pas de danse plus tard, les munitions étant épuisées, j'envisage le retour sur le plancher des vaches. Manque de bol, il y a déjà 4 planeurs au parking, 3 dans la file d'attente, et encore quelques uns qui ont la même idée saugrenue de vouloir se poser !!! Et tout le monde qui se fait des politesses…  Le premier : "Mais, je t'en prie, après toi !!!" Le second : "Non, je n'en ferais rien, passe devant..." Moi, un brin agacé mais toujours poli : "Heu, les gars !!! Y a du monde derrière. Décidez-vous, ça chute ici ! Et la zone industrielle, c’est pas vraiment fait pour accueillir les planeurs, même en urgence !!!"  Les 250 m syndicaux obligeant, je prends la vent arrière dans le sillage du K18, un œil rivé sur son arrière train et l’autre sur cette bande d’asphalte qui ressemble plus à un timbre-poste qu'à autre chose... Hou-là -là ! Où que je vais me poser moi ??? Faudrait peut-être à agrandir la piste !!! Et puis qu’est ce qu’ils attendent pour enlever toutes ces feuilles mortes qui encombrent la bordure ?... Dernier virage saupoudré d’un zeste d’appréhension, les AF sont de sortie, le plan calé après le 6ème et dernier planeur. La terre promise arrive à grand pas, le bout de piste me semble à portée de nez , l’Adeline monte (dixit Johnny) j'arrondis, je pose court et je libère l'axe rapidement : ça se bouscule au portillon derrière moi. Et là ... Gros soupir de soulagement !!! Tel Tanguy, je descends de mon fidèle destrier dont les bords d'attaque fument encore... Les jambes sont un peu coton, la chemise empreinte des 1h46mn de vol, les yeux levés vers la Chapelle... Et la tête remplie d’une merveilleuse sensation... À revivre le plus rapidement possible !  Gilou |




